Vigilance des professionnels de la musique pour l’exposition de la chanson francophone à la radio

Communiqué de presse de TPLM du 23/09/2019

Un collectif de radios a récemment adressé une lettre au ministre de la Culture demandant un réexamen des règles existantes en matière d’exposition de la chanson française, dans le cadre du projet de loi audiovisuel à venir. Pour justifier leur demande, les radios invoquent en particulier l’absence d’une régulation similaire applicable aux services de streaming musical.

Les représentants de la filière musicale, membres de TPLM, tiennent à réagir à la démarche de ces partenaires déterminants que sont les radios :

  • Depuis leur mise en place effective en 1996, les quotas radios ont fait l’objet d’aménagements et d’assouplissements successifs, y compris en 2016, qui ont largement contribué à la diversité des formats musicaux, facteurs de la richesse du paysage radiophonique. Nous en voulons pour preuve qu’en 2018, le nombre de nouvelles entrées de titres francophones en playlist a bondi de 27%, soit 1042 titres supplémentaires programmés sur les 34 stations du panel. Les quotas ne sont donc pas une source de contrainte ni de complexité.
  • La référence aux plateformes de streaming n’est pas justifiée dans la mesure où ces plateformes n’évoluent pas sur le même marché que celui des radios et que ces opérateurs évoluent dans des conditions économiques fondamentalement différentes.
  • Enfin, nous nous réjouissons des clarifications apportées la semaine dernière par Marie-Christine Saragosse (France Médias Monde) à l’occasion de son audition par la commission des affaires culturelles de l’Assemblée Nationale : par sa voix, les radios publiques ont pu affirmer leur absence de solidarité avec les radios privées sur le chapitre des quotas et rappeler leur attachement à la promotion de la chanson francophone.

Nous rappelons qu’en moyenne les diffusions francophones ne représentent que 31% de la programmation musicale au 1er semestre 2019 (24h sur 24) et 35% aux heures de grande écoute (6h30-22h30). Cette part reste donc largement minoritaire sur l’ensemble de la programmation des radios, alors que l’appétence du public pour la chanson française ne se dément pas : 18 des 20 meilleures ventes d’albums du 1er semestre sont produites en France et chantées en français.

Les radios font désormais face aux bouleversements engendrés par l’évolution des usages numériques ; elles demeurent néanmoins le premier prescripteur des nouveautés musicales et un partenaire indispensable des auteurs, éditeurs, artistes et  producteurs.

A ce titre, les professionnels de la musique tiennent à poursuivre les liens étroits et quotidiens qui les unissent à ces partenaires historiques, en faveur de la diversité musicale et de l’exposition du répertoire francophone.