AFRIQUE : UN IMMENSE POTENTIEL MAIS…

Par Virginie Berger

Le marché africain suscite les convoitises des majors et des start-up, mais l’industrie musicale peine néanmoins à se structurer et la musique à s’exporter.

De nombreux facteurs bloquent l’expansion de la musique africaine dans le monde. Comme ceux liés au continent en lui-même : 53 pays, une surface qui correspond à peu près à la surface de la lune, des multiplicités de langues, cultures, des difficultés de connexion ou liées au traitement étatique et/ou politique de l’art.

Sans compter les difficultés liées au système de communication. Comment faire connaître son œuvre quand on n’a pas la possibilité de l’uploader sur Youtube ?

Vu d’Europe, le réflexe est souvent d’associer musique africaine et musique du monde. Or celle-ci est riche est variée. Le hip-hop nigérian, zimbabwéen ou sud-africain est en pleine expansion et les artistes ultra connectés comme M.anifest, Tehn Diamond Jose Chameleone. De nombreux blogs africains ont de très fortes audiences dans le monde entier comme Africanhihopblog ou Afripopmag et ne cessent de pousser les artistes africains. Nombre de ces artistes ayant explosé à l’étranger reviennent ensuite soutenir la scène musicale de leur pays comme le groupe Noisette originaire du Zimbabwe, So ou Akon…

Un avenir pour les artistes

Concernant la consommation de musique, d’après Balancing Act, il y a plus de 150 plates-formes légales en Afrique. Youtube s’est installé au Nigéria, Deezer est présent dans de nombreux pays en accord avec un opérateur mobile, Kleek s’est lancé en Afrique du Sud, Spinlet au Nigéria, Baziks une plate forme à mi-chemin entre Bandcamp, soundcloud et Itunes vient de se lancer en RDC. Les artistes par nécessité sont indépendants et ont donc développé très tôt la notion de multiplicité des revenus et d’utilisation des réseaux sociaux.

De nombreux problèmes sont encore à régler, comme le piratage, le manque de diffusion et le suivi des droits. Mais le marché africain requiert une innovation toute particulière et demande désormais la création active de nouveaux services.

Tous ces éléments combinés (explosion des startups, plus grande facilité de connexion, expansion des moyens de communication) font qu’il y a un véritable avenir pour la musique et les artistes en Afrique.


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