La musique en campagne pour 2017 : construisons le programme !

La musique est l’une des pratiques culturelles préférée des Français, elle est dans le cœur de tous mais peu, voire pas, dans les programmes politiques.
La filière, réunie dans toutes ses composantes au sein de Tous Pour La Musique, engage un grand débat national sur le rôle de la musique, les moyens à mettre en œuvre pour le maintenir et pour le développer.
Prochain rendez-vous pour lancer le débat au MaMA le 12 octobre.

©marc_chesneau_et_gustavo_frazaobis

©Marc Chesneau et Gustavo Frazao

La musique et l'éducation artistique

La musique et l’éducation artistique

Parce qu’elle accompagne les Français à tous les moments de leur vie (3/4 d’entre eux déclarent de pas pouvoir s’en passer) ; parce qu’elle est l’une des filières créatives les plus florissantes du pays (près de 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, plus de 240 000 emplois, pour la plupart non délocalisables, une forte capacité d’exportation…) ; parce qu’elle dispose d’un pouvoir de rassemblement inégalé ; parce qu’elle s’inscrit dans les valeurs républicaines, étant facteur de liberté, d’égalité et de fraternité ; parce qu’elle est synonyme de créativité, de rayonnement, de dynamisme, d’échanges et de cohésion sociale… Pour toutes ces raisons, la musique mérite d’être prise en compte et de dépasser le simple cadre d’expression culturelle pour devenir un projet de société à part entière.

La grande absente…

« Nous partons d’un constat commun : la musique est importante en termes de rayonnement culturel, de vie locale, d’économie et d’emploi, elle occupe une place centrale dans la vie quotidienne de l’ensemble des citoyens, mais est totalement absente des programmes de nos politiques. Nous voulons rééquilibrer ce paradoxe. Notre secteur pourrait être mieux traité et ses divers enjeux davantage pris en considération par les politiques » témoigne le président de l’association TPLM (Tous pour la musique).

Bruno Lion cite l’exemple de l’export dont le soutien est en légère augmentation « mais qui représente encore 7 fois moins que celui accordé au cinéma. Il y a diverses problématiques, poursuit Bruno Lion  : un éparpillement de milliers d’initiatives locales et une culture moins partagée que dans des pays voisins. Ainsi en France, le budget musique du ministère de la Culture est inférieur à celui de la Norvège. La Suisse a consacré un droit à l’éducation artistique. Nous en sommes malheureusement encore loin… ».

La musique s’invite au cœur de la campagne présidentielle

La musique, une économie et des métiers

La musique, une économie et des métiers

Après l’échec du CNM, Centre national de la musique (un signe de plus du manque d’intérêt du politique pour nos enjeux), la filière se devait de faire preuve de sa capacité à s’organiser et se rassembler, au-delà des différences naturelles et attentes qui existent entre les métiers qui la composent. Elle est d’ailleurs toujours favorable à l’institution d’une maison commune de la musique, comme elle l’a réaffirmé lors du Midem début juin.

L’initiative portée aujourd’hui par TPLM est d’ouvrir le dialogue avec la société civile et avec le grand public. En vue de l’élection présidentielle, il s’agit de mobiliser toutes les organisations de la musique (et chacune en interne tous ses membres), les acteurs de terrain mais aussi le grand public, les élus et les collectivités territoriales pour faire émerger et porter des propositions constructives puis, sur la base de ces propositions, d’interpeller les candidats en les engageant sur un discours et un soutien effectif à la filière.

Un dispositif participatif et ouvert

Pour ce faire, Tous Pour la Musique lance un dispositif participatif « afin de remettre la culture et la création musicale au cœur des politiques publiques ». Concrètement, il se traduit par deux outils d’expression en direction du grand public. Tout d’abord, l’association a ouvert sur son site Internet un espace d’expression pour que chacun puisse prendre la parole et donner ses propositions.

D’autre part, seront organisées à travers la France au 4e trimestre plusieurs conventions décentralisées qui réuniront des représentants de la filière, des responsables politiques et des experts, des élus nationaux et territoriaux, des think tanks, universitaires et surtout le grand public, autour de rencontres thématiques ouvertes pour dresser un bilan de la situation et permettre à chacun de prendre la parole et formuler ses propositions. Les dates, lieux, thèmes et invités de ces rencontres seront annoncés prochainement.

La musique et le vivre-ensemble

La musique et le vivre-ensemble

Conventions et participations en ligne seront closes début janvier 2017 et donneront lieu, après un travail de synthèse, à la présentation d’une série de mesures concrètes qui seront soumises à l’ensemble des candidats à l’élection présidentielle, lesquels auront un mois pour faire connaître leur position.

Proposer un véritable programme politique

Plusieurs groupes de travail planchent déjà sur les problématiques, regroupées autour de 3 axes : Economie et rayonnement culturel / Education artistique / Vivre ensemble.

L’enjeu pour TPLM est d’interpeller les candidats afin de donner à la musique une place proportionnelle à son poids dans la société et dans l’économie, en proposant un véritable programme politique co-construit avec l’ensemble des parties prenantes et qui regroupera des mesures à tous les niveaux de l’action publique : le soutien à la diversité de la création et aux artistes, l’éducation artistique et culturelle, le développement territorial et économique, l’emploi, la fiscalité, le piratage, le droit d’auteur, mais aussi la diplomatie, la recherche ou encore la santé.

« Nous voulons montrer que la musique est un atout transversal à l’ensemble des politiques publiques » résume Bruno Lion. « En quelque sorte, la filière demande aux candidats d’avoir de l’ambition pour elle ».

Gildas Lefeuvre