La filière musicale salue la pose de la première pierre du Centre National de la Musique

En annonçant 5M€ pour le futur établissement, le gouvernement et la ministre de la culture Françoise Nyssen posent la première pierre du Centre National de la Musique. Le débat doit continuer sur ses missions et ses financements.

mO1W3-n5_400x400Communiqué TPLM

Depuis l’annonce par la ministre de la Culture, Françoise Nyssen dès juin 2017 de la réouverture de discussions en vue de la création d’un Centre National de la Musique, nous avons contribué à ce débat indispensable pour que notre pays se donne les moyens d’accompagner efficacement tous les potentiels (culturels, humains, financiers…) que la musique porte en elle.

Ainsi, la plupart des organisations fédérées au sein de TPLM ont participé à la concertation organisée cet été par Emilie Cariou et Pascal Bois, les deux parlementaires chargés par le Premier ministre de la mission de préfiguration du futur établissement.

À chaque étape, en cherchant à être aussi constructifs qu’exigeants, nous avons insisté sur le fait qu’un CNM se concevait avant tout comme une institution vouée à remplir de nouvelles missions en bénéficiant à ce titre de ressources nouvelles. C’était déjà une préconisation du rapport rendu à l’automne 2017 par Roch-Olivier Maistre : le CNM ne doit pas empiéter sur les missions actuelles du ministère de la Culture et ne peut donc pas être financé au détriment des crédits actuellement affectés au soutien du service public de la musique.

Cette semaine, pour la première fois, l’Etat, par la voix de la ministre de la Culture, qui annonçait lundi les grandes lignes de son budget 2019, a indiqué un premier chiffre : 5 millions d’euros.

Cette annonce d’un financement qui, nous l’avons noté, serait pris sur le budget du ministère de la Culture, marque une nouvelle étape.

Avec la Ministre, dont nous saluons la constance sur ce dossier, la filière musicale considère ce financement comme un « amorçage » de l’établissement public dont les premiers besoins ont été évalués par la mission de préfiguration à un minimum de 20 millions d’euros par an.

Cet engagement devra donc être confirmé et approfondi au cours du débat parlementaire.

Et nous soulignons un point essentiel : le CNM doit pouvoir bénéficier de financements extra-budgétaires pérennes comme l’affectation d’une partie de la TOCE préconisée dans le rapport de Roch-Olivier Maistre.

Comme souligné par la Mission de préfiguration, nous rappelons que ces moyens doivent permettre à l’Etat de se doter d’un outil de coordination et de partenariat avec les professionnels, qui lui permettra de jouer son rôle face aux enjeux d’intérêt général de nos secteurs et notamment :

  • Soutenir la création et favoriser la diversité culturelle.
  • Accompagner le développement de la production de la musique live et enregistrée en anticipant les mutations technologiques.
  • Organiser une observation complète et souveraine de l’économie de la musique pour permettre à l’Etat de jouer son rôle de stratège.
  • Amplifier le soutien à l’exportation des musiques françaises qui confirment chaque jour un peu plus leur potentiel.
  • Gérer, évaluer et promouvoir les dispositifs de soutiens financiers à la filière, déjà existants (crédits d’impôts, FONPEPS,…) ou proposés par la mission de préfiguration (fonds de soutien aux éditeurs, auteurs, compositeurs et artistes interprètes…).

Pour que le débat continue d’être fructueux, nous demandons à ce que le pré-rapport de la mission de préfiguration du CNM, sur lequel le ministère s’est fondé pour son annonce budgétaire, soit publié sans délai.

Nous rappelons, en outre, les engagements pris par le Gouvernement à l’automne dernier, d’un renforcement continu des moyens publics affectés à l’exportation des musiques françaises, à travers la hausse des subventions attribuées au Bureau Export, dont nous attendons la confirmation pour 2019.

Nous restons à la disposition de tous les interlocuteurs publics mobilisés pour la réussite du CNM pour débattre et construire ensemble, avec détermination et enthousiasme.