Journée internationale de la Francophonie : donner à la musique les moyens de son rayonnement 

La filière musicale, représentée par l’association Tous Pour La Musique, rappelle l’importance d’une augmentation des moyens du Bureau Export pour permettre aux artistes français de dépasser les frontières nationales et partir à la rencontre de toute la communauté francophone à travers le monde. 

 

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La musique en langue française se porte bien : selon les chiffres donnés par le Snep, 70 des 100 albums les plus écoutés en 2016 étaient chantés en français. À l’étranger, la tendance est à la hausse : le Bureau Export, l’organisme public-privé qui accompagne le développement des artistes à l’international, a recensé 38 certifications à l’export en 2016, contre 24 en 2015.

Pour accompagner cet élan, le collectif Tous Pour La Musique a proposé aux candidats à l’élection présidentielle 13 mesures permettant de garantir un avenir prospère à la musique en France et aux valeurs qu’elle véhicule (créativité, partage, croissance, etc.). Parmi celles-ci figure une augmentation de 5 millions d’euros des moyens publics alloués au Bureau Export.

Le directeur du Bureau Export, Marc Thonon, explique à quoi servirait cette enveloppe : « nous avons besoin d’1,5 millions d’euros pour développer notre présence territoriale, notamment aux États-Unis, où nous n’avons à l’heure actuelle qu’un seul salarié là où il en faudrait cinq ; par ailleurs, il nous faudrait 3,5 millions d’euros pour améliorer l’accompagnement des projets et ainsi éviter la fuite de talents qui pourraient être tentés de signer des contrats avec des acteurs américains, faute d’acteurs français suffisamment bien implantés sur ce marché crucial ». Le Bureau Export souhaite également ouvrir des antennes sur les marchés africains et asiatiques.

À l’heure d’Internet, la musique ne connait plus de frontières. L’Afrique constitue en effet un nouvel eldorado pour la musique francophone : MHD et Maître Gims y jouent devant des stades pleins à craquer. Les jeunes francophones partout dans le monde plébiscitent aujourd’hui une offre d’une richesse sans précédent de musique électro, afro-pop ou coupé-décalé en français. Ils représentent naturellement un débouché essentiel pour les artistes français, qui bénéficient de l’essor du mobile et du streaming pour multiplier par trois leur nombre potentiel d’auditeurs.

« Les artistes sont les premiers ambassadeurs de la France, note Marc Thonon. En Chine, les professeurs s’appuient sur les textes de Joyce Jonathan pour faire apprendre le français à leurs élèves ! ». Un sondage Ifop présenté lors des Victoires de la Musique, le 10 février dernier, a d’ailleurs montré le profond attachement des Français à l’exportation de la musique hexagonale au-delà de ses frontières géographiques. 84 % des Français estiment que le succès des artistes français à l’étranger contribue au rayonnement de la France.

Le renforcement des moyens du Bureau Export compte donc naturellement parmi les mesures les plus urgentes mises en avant par Tous Pour La Musique. Son président, Bruno Lion, explique cette mesure par un constat simple : « le budget du Bureau Export est équivalent à celui de son homologue norvégien, un pays qui compte 13 fois moins d’habitants que la France. En demandant aux candidats de s’engager à augmenter de 5 millions d’euros les moyens publics qui lui sont alloués, nous proposons un geste qui aura une incidence modeste sur les finances publiques pour un retour sur investissement considérable, notamment en matière d’emplois créés, et qui profitera de manière très concrète au rayonnement de la France partout dans le monde ».

Les candidats ont maintenant jusqu’au 15 avril pour expliquer leurs positions sur chacune des propositions formulées par Tous Par La Musique.

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