Faire connaître un artiste : passion et convictions des pros de la musique

Entre la création en solitaire de l’artiste et l’écoute de son œuvre chez vous ou dans vos écouteurs, il s’en est passé des choses… Des professionnels de la musique ont travaillé. Parfois dur… Qui sont donc ces travailleurs de l’ombre qui cherchent à mettre les talents en lumière ?

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(c) Maksym Yemelyanov

Qu’ils soient chefs de projet digital en label, managers, attachés de presse, éditeurs ou tourneurs, ils jouent un rôle essentiel et participent à ce qu’on appelle, dans le jargon, le « développement d’artistes ». Tout est mis en œuvre pour que ces artistes, encore très peu connus, voire pas du tout, puissent l’être un jour. Cela passe par l’investissement de plusieurs pièces maîtresses. Des professionnels dévoués à la cause musicale, avec chacun ses tâches, qui parfois se recoupent.

Internet et mobile : l’allié numéro 1 de l’artiste

Aujourd’hui, les réseaux sociaux jouent un rôle fondamental dans l’éclosion d’un artiste. Facebook, Instagram, Twitter et autres Bandcamp sont les meilleurs alliés de l’artiste qui cherchent à se faire connaitre. C’est le marketing digital en label qui va s’en charger. Ces nouveaux métiers, qui n’ont finalement qu’une petite quinzaine d’années d’existence et en sont encore à leurs balbutiements, sont essentiels à la propagation de l’œuvre d’un artiste. Comment le faire connaître ? Quels outils mettre en place ? Des réseaux sociaux, très prescripteurs, à l’animation permanente de l’évolution de l’artiste online, le chef de projet digital est l’une des pierres angulaires de la diffusion du travail de l’artiste.

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Hélène Masanelli, responsable du marketing digital chez Sony Music France

Chez Sony Music France, Hélène Masanelli, responsable du marketing digital, témoigne : « Je travaille en transversal avec toutes les équipes de la maison, mon rôle est de les accompagner sur le bon usage des outils marketing numériques ». Multi casquettes, elle est au four et au moulin en permanence. « Très concrètement, cela peut être réfléchir au plan d’investissement média online pour augmenter le volume de streams d’un album à sa sortie…Il y a aussi des problématiques qui reviennent très régulièrement mais les réponses apportées sont différentes d’un projet à l’autre, on essaie toujours de s’adapter à l’artiste et à son univers », confie-t-elle. Il s’agit donc de faire connaître et faire vivre l’artiste en utilisant des leviers de promotions viraux, qui vont accroître sa notoriété.

Du manager à l’attachée de presse : guide de survie de l’artiste

Patricia Teglia, est attachée de presse mais préfère se définir comme une « développeuse de talents ». Son métier ? Mettre les artistes en lumière dans les médias, accroitre leur popularité chez les prescripteurs, les influenceurs, que ce soient les grands médias ou les bloggeurs influents du moment. La force de l’attachée de presse : son réseau. Sa faiblesse : son réseau aussi, qui est bien souvent trop sollicité. Problème donc… Il va falloir trier les contacts susceptibles d’être intéressés par le projet artistique. Et les relancer, encore et toujours. « Mes journées sont rythmées par des envois d’infos, appels, mails et relances à des journalistes jusqu’à obtention d’un résultat que j’espère toujours positif », raconte Patricia Teglia.

Parfois, le manager de l’artiste -s’il en a un- et son attachée de presse voient leurs tâches converger. « On peut être attachée de presse et déborder de son cadre. Et du coup, devenir quelque chose d’approchant du manager », commente Flavie Rodriguez, attachée de presse de Kent, Fabien Martin ou Margaux Simone.

De nos jours, l’aspect online est devenu plus important que la promotion traditionnelle offline (affichage, flyers, TV et radio…). En maison de disque, Hélène Masanelli voit ces deux moyens comme complémentaires : « On ne met pas en place une stratégie digitale mais une stratégie globale incluant des actions digitales. Tout est lié, on ne peut pas penser séparément le offline et le online. Pour des artistes en développement, l’utilisation des outils digitaux est primordiale qu’il s’agisse d’échanger avec sa communauté de fans via les réseaux sociaux, de faire découvrir sa musique via des playlists, des contenus vidéo ou encore de toucher un public ciblé via de la publicité online. Jain ou Broken Back sont, à mon sens, deux exemples d’artistes qui ont su utiliser intelligemment ces nouveaux outils ».

Patricia Teglia et Radio Elvis aux Victoires de la musique

Patricia Teglia et Radio Elvis aux Victoires de la musique

Le digital est encore plus important au sein de structures plus petites, comme chez le label Verycords. « Aujourd’hui, les réseaux sociaux et la promo online ont pris une part encore plus grande dans la communication des artistes. Etre actif sur les réseaux sociaux, savoir maitriser sa communication, est très important », explique Sabrina Cohen Aiello, attachée de presse chez Verycords.

Le live, l’arme de séduction massive

Le groupe de rock français Radio Elvis a énormément tourné avant de signer sur le label [PIAS] et d’être lauréat des Victoires de la Musique en 2017 pour « l’album Révélation de l’Année ». Patricia Teglia se souvient des débuts du jeune groupe, lorsqu’elle l’a rencontré, avec sa collègue d’alors, Julie Bataille. « Dans un premier temps, l’accompagnement promo s’est fait sur la tournée, 247 dates ! L’important a été d’abord de les faire découvrir sur scène puis avec leurs titres et les clips », raconte l’attachée de presse, qui évoque ici un bel exemple de développement d’artiste très abouti.
Conviction, travail et persévérance sont les qualités indispensables à déployer pour repérer et accompagner de jeunes talents.

Arnaud de Vaubicourt