Discours de Bruno Lion aux Victoires de la Musique

Discours de Bruno Lion, président de l’association TPLM, lors du Before des Victoires de la Musique, le 8 février 2019 :

Capture-d’écran-2019-02-13-à-09.58Monsieur le Ministre,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Mesdames et Messieurs les représentants du Ministère de la Culture et de plusieurs autres Ministères,

Madame la Présidente des Victoires, Chère Natacha Krantz

Chers Collègues,

Chers Amis,

Avec les 29 organisations de la filière musicale, de tous métiers, de toutes esthétiques rassemblées au sein de TPLM, je vous remercie d’avoir répondu à notre invitation pour ce désormais traditionnel « Before » de Tous pour la Musique. Toujours en ouverture de ce rendez-vous clef que sont depuis 34 ans les Victoires de la Musique, et pour la seconde fois à la Seine Musicale, une salle qui accueille toutes les esthétiques de la chanson au classique en passant par le jazz. Joli symbole…

Trois sujets, ce soir, au cœur des préoccupations de notre association et de celles de la filière musicale. Le premier c’est la place de la musique dans notre système scolaire.

Celles et ceux d’entre vous qui nous suivent depuis quelques années, l’auront noté, notre association qui rassemble des organisations de créateurs et de professionnels, avait il y a deux ans lors de la campagne présidentielle, placé en tête de nos « 13 propositions pour la musique », ce sujet somme toute assez loin de nos intérêts privés.

Je vous le rappelle, notre première proposition, c’était une chorale ou un orchestre dans chaque école.

C’est donc évidemment avec beaucoup de joie, que nous avons vu cette année 2018 marquée par l’annonce du Plan choral à l’école par les ministères de l’Education nationale et de la Culture.

Oui, nous croyons que pour nos enfants, la musique c’est une langue, la musique c’est quasiment tout le temps une expérience collective, c’est un outil de construction personnelle, des éléments de confiance en soi, c’est même parfois une deuxième chance pour celles et ceux d’entre eux qui se reconnaissent moins bien dans d’autres enseignements.

J’ai toujours à l’esprit, cet enfant de 11 ans, de Cahors je crois, qui après un an d’Orchestre à l’école, une association qui fait un travail tout simplement remarquable, résumait tout ça avec ses mots à lui : « je ne savais pas que mon destin c’était le saxophone ».

Permettez-moi de faire le lien avec le plus ancien travail de fond que mène Tous pour la musique : le programme « Musique Prim » en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale : L’idée c’est quoi ? Dans un cadre pédagogique défini par les spécialistes du Ministère, nos métiers apportent gracieusement des contenus : des textes, des enregistrements, des partitions…

Et quelques infos sur nos métiers, généralement méconnus, sur la diversité des offres de musique en ligne, et sur les principes du droit d’auteur.

À travers ses contenus, ce que nous apportons c’est de la matière pour des cours de musique bien sûr – il n’y a que les parisiens pour s’imaginer qu’en primaire les cours de musique sont assurés par des enseignants spécialisés. Ces contenus alimentent aussi des cours de français, les cours de langues bien sûr, et parfois même des cours d’histoire.

Ce programme fonctionne depuis plus de 10 ans pour le primaire et la maternelle. Et les résultats sont impressionnants, juste un chiffre : Parmi les 330.000 enseignants à qui il s’adresse, plus de 54 000 l’utilisent… Un sur 6 !

Multipliez ça par le nombre d’élèves dans chaque classe… C’est concret. Alors, permettez-moi d’affirmer que nous acteurs privés sommes fiers de contribuer ainsi, aux côtés des enseignants et du ministère de l’éducation nationale, à l’éducation de plus d’un 1,2 millions d’enfants de ce pays, tous les ans.

Ce travail concret de terrain, ces chiffres, ces évolutions, nous disent beaucoup de la place toujours plus importante de la musique au cœur de notre société, au cœur de la vie de nos concitoyens, de ce qui peut les rassembler.

C’est donc avec plaisir que je vous annonce que le programme va s’étendre dorénavant au collège. Et je ne doute pas que dès l’année prochaine nous aurons sur ce point des résultats encore plus probants.

J’aurais toutefois une suggestion pour nos amis du ministère de l’Education nationale, ou plutôt un point de vigilance : il ne m’appartient pas d’avoir un avis sur la réforme des lycées, mais notons que dans ce contexte d’enthousiasme pour la musique en milieu scolaire, il serait absurde qu’une somme de décisions isolées, aboutissent globalement à une réduction des options musique au lycée.

Si vous me permettez, ce ne serait pas dans l’air du temps….

Mon deuxième sujet c’est évidemment le Centre national de la musique.

L’annonce par le Premier ministre et le Ministre de la culture, de sa création dans moins d’un an est bien sûr une nouvelle majeure pour notre filière. Cela dit à la fois, une forme de reconnaissance – enfin ! – et une ambition qui nous réjouissent.

De quoi parle-t-on ? De mettre en place une articulation entre notre filière et l’Etat pour échanger et peser sur ce qui, dans notre activité, relève de l’intérêt général.

Et je veux dire clairement que dans nos activités, tout ne relève pas de l’intérêt général. Néanmoins, des questions clés comme la diversité musicale, le renouvellement des talents dépendent avant tout de nos investissements, créatifs bien sûr, humains toujours, mais aussi financiers. Et au-delà, la filière musicale n’a pas à rougir de ce qu’elle apporte à notre pays, en termes d’emplois, en termes de « vivre ensemble » et d’irrigation de nos territoires, comme en termes de rayonnement international.

C’est bien pour appréhender au mieux ces questions que oui nous avons besoin du Centre national de la musique.

Allons à l’essentiel, les questions budgétaires.

Petit flash-back : Franck Riester s’en souvient mieux que quiconque vu son rôle à l’époque : il y a sept ans, lors du premier projet de centre national de la musique, le besoin de financement public complémentaire était évalué par les différentes missions qui se sont alors succédé à un montant de 70 à 90 millions d’euros par an.

Les temps ont changé, c’est clair. La contrainte budgétaire est plus forte que jamais, et la filière musicale s’est adaptée : à ce jour, aucune industrie culturelle hormis peut-être la presse, n’est entrée aussi violemment et n’a réagi aussi vigoureusement à la révolution numérique. Nous étions alors au cœur de la crise, nous sommes probablement en sortie de crise.

Vous entendez dire que globalement la situation va mieux, c’est exact. Exact si on compare à il y a cinq ans. Si on retourne un peu plus loin, il y a 10 ou 15 ans, chacun conviendra que la situation globale est tout juste un peu moins mauvaise.

Mais revenons un instant à nos questions d’intérêt général. De quoi dépendent la diversité culturelle, la défense de la francophonie, le renouvellement des talents, et in fine notre capacité de rayonnement, de la tendance globale ? Évidemment pas.

Tout ces enjeux majeurs ne dépendent que d’une multitude de décisions individuelles qui concrètement construisent la diversité musicale.

Et donc, oui la situation globale a cessé de se détériorer, et oui nous sommes franchement optimistes parce que les tendances sont bonnes, mais en même temps et ne l’oublions pas, dans un contexte où l’offre est devenue quasi infinie, à l’échelle des projets, à l’échelle des artistes, à l’échelle où tout se joue en fait, la situation est beaucoup plus complexe et trop souvent préoccupante.

Dans ce contexte, le remarquable rapport de Pascal Bois et d’Emilie Cariou rappelle que pour que le CNM fasse sens, il faudra un apport de moyens nouveaux, publics et pérennes, qui n’empiètent pas sur ce que fait déjà l’Etat pour la musique, d’au moins 20 Millions d’Euros par an. Ils reprennent en fait exactement le chiffre qu’avait posé Roch-Olivier Maistre, dans son rapport « Rassembler la musique » de 2017. C’était, pour lui aussi, le prix de l’ambition aujourd’hui affichée par l’Etat, la base indispensable pour que l’Etat puisse jouer le rôle qui lui revient, le rôle de « stratège de l’intérêt général ».

Dois-je préciser que la filière musicale évaluait ce besoin à un montant assez significativement supérieur… Mais lors des très nombreuses concertations que nous avons eues avec eux, les deux députés et leurs rapporteurs ont fait leur boulot et ne nous ont franchement pas ménagé. On parle donc d’une base de 20 M€.

Si l’Etat se donne effectivement les moyens de cette ambition, la filière jouera le jeu avec sérieux, avec détermination et avec enthousiasme.

Le Premier ministre, a clairement précisé que du point de vue des aides, le CNM devrait s’adresser aux musiques « non subventionnées ». Il répondait utilement à d’autres interrogations…

A contrario, on pourrait en conclure que par définition que le CNM s’adressera à cette partie de nos industries culturelles qui aujourd’hui n’est pas du tout subventionnée par les pouvoirs publics. De ce point de vue, vu l’ambition et les enjeux, 20 millions d’Euros, ce n’est somme toute pas tant que ça…

Au-delà du clin d’œil un peu facile, nous savons que la réalité est plus subtile :

Bien évidemment qu’il y a déjà plusieurs financements significatifs, je pense à travers nos territoires notamment aux SMAC, à de nombreux festivals et beaucoup d’autres structures et projets dont l’ensemble de la filière bénéficie, au moins indirectement.

Parmi l’ensemble des dispositifs existants qui ont vocation à être gérés demain par le CNM, je voudrais en pointer deux ou trois :

Les crédits d’impôt de la musique, et je vous en parle d’autant plus facilement que mon métier c’est éditeur de musique. C’est-à-dire le seul métier de notre secteur dont les investissements ne sont pas accompagnés par un crédit d’impôt.

Je note sur ce point que Pascal Bois et Emilie Cariou, proposent de combler un trou béant de l’action publique, par un soutien direct au premier maillon de la chaîne : la création.

Trois remarques sur les crédits d’impôt, dont nous comprenons parfaitement que les parlementaires les surveillent avec une très grande vigilance :

Comme je le rappelais tout à l’heure, l’avenir de la diversité musicale dépend avant toute autre chose de projets individuels qui sont chacun extrêmement risqué. Ces crédits d’impôt sont donc indispensables. J’ajoute que pour pouvoir les utiliser au mieux, les professionnels ont besoin de visibilité pluriannuelle.

Deuxième remarque, les crédits d’impôt de la musique sont pour l’Etat, un investissement judicieux : une étude du Ministère de la culture (DGMIC) publiée en juin dernier a ainsi montré que lorsque l’État investit un euro dans le CIPP, il en récupère entre 2,4 et 2,5 en recettes fiscales et sociales.

Troisième remarque, côté spectacle vivant : permettez-moi de dire que la filière n’as pas compris la décision, somme toute symbolique, d’exclure l’humour du champ du crédit d’impôt du spectacle musical… Outre que les professionnels sont souvent les mêmes et qu’ils se retrouvent ensemble au CNV qui sera le socle du CNM, on n’en arrive à ce paradoxe : lorsqu’un producteur de cinéma engage une star de l’humour pour son prochain film, Il bénéficiera du crédit d’impôt de la production cinématographique, rien à redire. Mais le producteur de spectacles, qui bien avant les radios et le cinéma, a pris tous les risques pour accompagner et permettre à cette star de construire sa notoriété et sa carrière, il est exclu du champ…

La contradiction semble forte, peut-être pourra-t-on en reparler.

Et puis, parmi les très bonnes propositions de Pascal Bois Emilie Cariou, il y en a deux sur le lesquelles je voudrais insister tout particulièrement parce qu’il y a urgence :

La première urgence, c’est l’observation.

Pour construire un outil en faveur de l’intérêt général, nous avons d’abord besoin de savoir de quoi on parle. Bien sûr, plusieurs de nos organisations, le CNV et le Ministère de la culture publient régulièrement des études. Mais l’honnêteté oblige à dire que nous n’avons que trop peu de vision d’ensemble, et qu’il y a des manques béants dans ce que nous savons.

Quelques exemples… Non, je ne vais pas vous parler du remarquable service de veille et d’études économiques du CNC, ils sont 14 personnes. Je voudrais prendre l’exemple du Centre national des Lettres, et de sa remarquable étude menée avec la DGMIC, sur l’économie des auteurs.

Pour la musique, s’il y a bien quelques chiffres notamment à l’Adami ou à la Sacem…, comment vivent concrètement les artistes, les auteurs et les compositeurs ? Nous ne le savons pas.

Peut-être pourrait-on commencer par là.

À l’autre bout du spectre, côté diffusion : que peuvent peser sur notre diversité musicale, la concentration et les problématiques de sécurité côté spectacle vivant, comme la numérisation et la dé-linéarisation de l’écoute côté musique enregistrée ?

Sur toutes ces questions majeures, ce que nous savons est au mieux partiel.

Il y a donc une urgence à lancer le travail d’observation sur ces questions.

La deuxième urgence, c’est évidemment le soutien à l’export.

De ce côté, comme le soulignent les auteurs du rapport, le besoin ce n’est pas une petite accélération, mais bien un changement de braquet.

Je laisse à ceux que ça tente la comparaison avec ce que l’État peut faire pour l’export d’autres secteurs, mais vu nos résultats, permettez-moi de rappeler que même en comptant l’augmentation de 500 000 Euros du budget du Bureau Export de la Musique, votée par les parlementaires fin 2017 – et je les en remercie encore -, le soutien public de notre pays à l’export de nos musiques est arrivé au même niveau que celui de la Norvège, un pays de moins de 6 millions d’habitants.

La liste des artistes français qui réussissent à l’étranger s’allonge d’année en année, je ne vais pas m’adonner au « name dropping ». Mais un chiffre que le Bureau Export rendra public dans les jours qui viennent : en 2018 les revenus globaux à l’export de la filière musicale ont progressé encore de près de 7% pour atteindre 283 millions d’euros.

Petite disgression personnelle pour expliquer : cette année, avec mon équipe, nous avons eu la chance de placer l’un des compositeurs avec qui je travaille depuis des années, sur l’album international d’Andrea Bocelli. Cet album on en a peu parlé en France, mais il est sorti dans 54 pays, et a été classé dans le top 10 dans au moins dix pays. Et même numéro 1 aux États-Unis et en Angleterre, la semaine de sa sortie. Dois-je préciser que ce genre de résultat pour les français, c’est tout simplement rarissime.

Si j’en parle, c’est pour vous dire un peu de notre concret. Pour nous les éditeurs placer un compositeur c’est très aléatoire mais pas très lourd. Ce coup-là, on l’a réussi après deux ans de boulot, d’abord le talent de notre compositeur, puis quelques voyages, le choix des bons partenaires, du réseautage, et puis convaincre et négocier.

Quand vous passez à l’exportation de musique enregistrée, même au temps d’internet, c’est comme pour le cinéma, vous rajoutez sur ce boulot quelques déplacements de l’artiste pour la promo et pas mal d’investissements marketing.

Mais quand vous passez au spectacle vivant, tout ce que je viens de vous raconter reste vrai, mais il faut en plus déplacer hommes et matériels : Les investissements sont beaucoup plus lourds et le retour sur investissement toujours aussi aléatoire.

A elles seules, ces caractéristiques objectives pourraient justifier un gros renfort du soutien que l’État nous apporte pour nous permettre de participer au soft power à la française.

Mais surtout il y a urgence, les outils numériques qu’ils soient grand public ou professionnels ont profondément bouleversé nos métiers, complètement changé la donne. Les places vont se prendre durablement dans les quelques années qui viennent.

Je ne parle même pas des anglo-saxons, vu l’histoire de nos métiers, nous le savons tous, ils tiennent déjà les rênes… Je pense notamment aux scandinaves, ou aux asiatiques… Ils sont bons aussi, et personne n’imagine qu’ils vont nous attendre.

Nos artistes et nos professionnels ont tous les atouts pour être brillants à l’export, mais c’est maintenant qu’il faut les aider à y aller.

Pour les autres sujets que couvrira le CNM, je vous renvoie au rapport aussi succinct que précis et, sur certains points, franchement novateur, de Pascal Bois et d’Emilie Cariou.

Et donc, dès que les bases seront posées, une nouvelle fois nous parlons d’un socle incompressible de 20 ME de moyens publics, nouveaux et pérennes… Et cet investissement est d’autant plus légitime, que dans le schéma proposé la gouvernance a vocation à être très largement dominée par l’État, ce qui fait sens mais aurait aussi pu être débattu davantage.

Dans un deuxième temps, nos métiers pourront construire avec ce Centre national de la musique, des partenariats thématiques comme le suggère les députés Bois et Cariou, notamment sur l’éducation artistique et culturelle.

Mais je dis bien dans un second temps.

Nos organisations professionnelles savent ce qu’elles apportent avec leur action culturelle privée à la vie musicale dans ce pays : Un soutien très significatif et très souvent déterminant à une multitude de projets qui font concrètement la vie musicale de ce pays.

Les quatre organisations de gestion collective qui sont membres de TPLM ensemble (ADAMI, Sacem, SCPP et SPPF) ont ainsi attribué en 2017 un peu plus de 50 millions d’euros de soutien à plus de 6000 projets qui irriguent l’ensemble du territoire et pour qui ces financements sont cruciaux (environ 8000 € en moyenne par intervention).

Depuis 30 ans, nous gérons ces moyens manière responsable, en faisant évoluer les programmes et les bénéficiaires tous les ans. Mais chacun comprendra que nous ne pourrons pas remettre en cause significativement l’ensemble, tant que nous ne connaîtrons pas précisément le nouveau cadre. En revanche, dès que le cadre sera connu et sécurisé, nous serons évidemment aux côtés de l’État.

Enfin et rassurez-vous je serai beaucoup plus rapide, quelques mots de la place de la musique dans les médias.

Deux mots à propos des quotas de chansons françaises et de diversité musicale à la radio. Je soulignais, il y a quelques minutes, la nécessité pour agir au service de l’intérêt général de disposer de chiffres. Comme beaucoup d’entre nous le savent, nous entendions Ici ou là depuis quelques mois une petite musique comme quoi les quotas radio seraient « trop complexes », « dépassés »… En un mot, « obsolètes ».

Les chiffres publiés la semaine dernière sont venus apporter un démenti cinglant à ces idées reçues.

Pour des raisons techniques l’année 2018, a été la première année complète d’application des nouvelles règles votées par le parlement en 2016. Je ne citerai qu’un chiffre, l’un des indicateurs clé, celui de l’exposition significative (dans notre jargon, on dit « entrées en playlist), des nouvelles productions francophones : alors que nous observons généralement des variations très faibles, la variation d’une année sur l’autre est cette fois de + 26%.

L’étau de la concentration des programmations s’est un peu desserré : Merci aux radios d’avoir joué le jeu, et merci aux parlementaires… Espérons que toutes les mesures de régulation culturelle que le CSA est chargé d’appliquer, aient une efficacité aussi claire.

Merci enfin à Franck Riester, d’avoir si clairement réaffirmé la semaine dernière que les quotas radios sont importants parce qu’ils produisent des résultats aussi concrets qu’utiles, et que donc, je vous cite Monsieur le Ministre, « on continue dans cette voie ».

La place de la musique dans les médias, c’est aussi bien sûr la télévision.

Comme pour la radio, on va nous dire qu’il y a maintenant les internet et le streaming. Pour vous ou moi, écouter de la musique c’est souvent chercher la bonne playlist. Pour beaucoup de professionnels, quand nous pensons à une playlist, c’est pour essayer d’y faire rentrer le projet sur lequel nous travaillons…

Je veux dire que oui, le monde change et que oui nos métiers, sont bien au cœur de ce « nouveau monde ». Mais là encore les chiffres sont têtus : pour l’ensemble des Français, le moyen de découverte des nouveautés musicales c’est, et ça restera probablement assez longtemps encore, dans cet ordre : d’abord la radio, puis assez loin derrière la télévision, et seulement en troisième place et encore plus loin, les services en ligne.

Et donc, oui nos artistes et nos métiers ont besoin d’exposition à la télévision comme en radio.

C’est pour ça, que nous demandons à être consultés, lors de la préparation du COM des télévisions publiques, comme des conventions des télévisions privées.

Et je dois signaler que nous ne comprenons pas, d’avoir appris l’été dernier par le Journal Officiel, que le CSA avait décidé de réviser à la baisse les obligations musicales d’une chaîne importante, alors que l’année précédente le même CSA avait jugé utile de nous consulter, pas de nous suivre sur tout mais au moins de nous consulter, pour réviser notamment les obligations de la même chaîne.

Pour le reste la place des émissions musicales reste faible à la télévision française, notamment sur le service public. On parle d’environ 6 % du prime time… Probablement un tout petit peu mieux en 2018 qu’en 2017… Les chiffres sortiront bientôt.

Reste un vrai point noir : hormis ces deux émissions et quelques radios crochets, il n’y a quasiment pas de nouveaux talents dans les émissions musicales de prime time.

C’est pour ça que j’aurais ce soir une pensée pour tous les nommés : les artistes et les professionnels qui les accompagnent souvent depuis des années. Mais j’aurais une pensée toute particulière, pour celles et ceux qui sont nommés en catégorie révélation.

Comme je le disais l’an dernier, quoi qu’il advienne ce soir, eux leur Victoire, ils l’ont déjà : une première diffusion dans une émission grand public à une heure de grande écoute !

Et si vous regardez l’ensemble des nommés ce soir, prenez le temps de compter celles et ceux qui un jour, ont eût une Victoire dans une catégorie « révélation »… Vous allez constater à quel point une diffusion en prime time peux tout simplement changer la carrière d’un artiste….

Merci de votre attention, bonne chance à tous les nommés et bonne soirée à toutes et tous.