Jean-Christophe Bourgeois, nouveau président de TPLM : « Notre diversité est notre force »

Nommé président de l’association Tous Pour La Musique (TPLM) par les membres de l’assemblée générale réunis le 13 septembre, Jean-Christophe Bourgeois (Directeur Général de Sony/ATV Music Publishing France, Vice-président de la Chambre Syndicale de l’Edition Musical) a pris la succession de Bruno Lion et explique les objectifs et les ambitions de son mandat.
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Jean-Christophe Bourgeois, vous êtes Directeur général de Sony/ATV Music Publishing France. Vous venez de succéder à Bruno Lion à la présidence de TPLM. Quel regard portez-vous sur cette association ? 

Tous les membres de TPLM, collectivement, ont su, par leur présence et leur engagement, donner un sens à cette association et lui ont permis de jouer un rôle efficace sous l’impulsion déterminante de Bruno Lion que je tiens à saluer. Il me semble que ce rôle peut et doit être encore plus significatif dans les mois qui viennent, au vu de l’agenda institutionnel qui nous attend, à commencer par la mise en place du Centre national de la musique. Il me parait essentiel que TPLM puisse contribuer à porter la parole de la filière, et ce, alors qu’on ne sait toujours pas avec précision quels seront la place et le rôle des professionnels au sein du nouvel opérateur public. TPLM doit pouvoir peser sur les arbitrages concernant les politiques que mettra en œuvre le CNM, son financement, la défense des crédits d’impôts si vitaux à notre secteur, la promotion de la diversité des esthétiques, la prise en compte de la spécificité des acteurs qui travaillent avec les collectivités locales dans une mission de service public et participent ainsi à l’animation de l’ensemble des territoires, la manière dont notre musique, ses artistes et ses créateurs s’exportent – autant de raisons de savoir parler d’une seule voix.

Dans l’agenda institutionnel que vous évoquez, il y a aussi la nouvelle loi audiovisuelle qui va concerner la filière musicale… 

Sur la loi audiovisuelle, si chacun des membres peut avoir un point de vue spécifique à défendre, je suis convaincu que nous pouvons nous retrouver pour exprimer une position commune, par exemple sur la protection des quotas radio, l’exposition de la musique dans les médias et en particulier sur France TV, sur la place des captations musicales sur le service public, et aussi sur les menaces que fait porter la transition numérique sur l’économie des créateurs, qu’ils soient compositeurs lyriques ou de musique à l’image… 

À votre avis, quels sont les autres sujets sur lesquels la filière musicale et TPLM pourraient être appelés à se mobiliser ? 

TPLM doit être également moteur sur des sujets de long terme, à commencer par l’éducation culturelle et artistique. C’est un outil d’émancipation dont le rôle social ne peut nous échapper, et aussi, à mon sens, un des piliers de nos ambitions à l’export. Comme nous le montrent depuis plusieurs décennies les pays scandinaves dans les musiques actuelles, c’est dès l’école que se forment les vocations des compositeurs et des artistes de demain.

TPLM doit également s’engager sur la place des femmes dans la filière et trouver comment œuvrer efficacement aux côtés des acteurs qui la composent et qui se sont déjà emparés du sujet.

Enfin, nous devons travailler pour être en mesure, le moment venu, de prendre la parole et d’accompagner les initiatives autour de la responsabilité environnementale. 

Pour peser dans tous ces débats, la capacité de TPLM à rassembler tous les acteurs de la filière est une vraie force. Le poids économique et le réseau conjugué de tous nos membres doivent faire de l’association un acteur puissant et contribuer ainsi à renforcer notre capacité d’action.

Quels sont vos objectifs sur la gouvernance de TPLM

Concernant la gouvernance, j’aimerais contribuer à ce que le fonctionnement de TPLM gagne en fluidité. Une réflexion est engagée sur une possible réforme des statuts. Je compte dès maintenant instaurer un dialogue permanent avec les membres afin de permettre la prise en compte des agendas et des enjeux de chacun – condition à mon sens indispensable si on veut pouvoir agir et réagir rapidement, unanimement et efficacement. 

Plus globalement, pour compter et avancer, il faut que TPLM soit visible. En produisant des contenus, de la réflexion, des propositions, des prises de parole. Les groupes de travail me paraissent à ce titre un outil indispensable au fonctionnement de TPLM, étant entendu qu’ils ne sont efficaces que si les membres les investissent de leur savoir, de leurs idées. Notre diversité est notre force si nous savons l’organiser, et je m’emploierai à fédérer les énergies en ce sens.

Propos recueillis par Mathias Milliard