Spectacles français en danger ! La filière musicale opposée a l’exclusion de l’humour et des comédies musicales du credit d’impôt spectacle

L’association «Tous Pour La Musique» qui fédère l’ensemble des professionnels du secteur appelle le Gouvernement à rétablir le crédit d’impôt spectacle vivant musical ou de variétés dans sa version initiale.

logotplmLe 15 novembre dernier, l’Assemblée nationale a adopté un amendement du Gouvernement par lequel la variété, à savoir les comédies musicales et les spectacles d’humour, serait exclus du dispositif. De plus, les conditions dans lesquelles les producteurs d’artistes en développement pourront en bénéficier seraient également modifiées et restreintes.

Concrètement, un pan entier du spectacle se trouverait privé d’un soutien indispensable au développement artistique favorisant la création dans toute sa diversité.

« Parmi les 6 crédits d’impôts culturels existants, notre secteur est le seul à subir une remise en cause de ses dispositifs fiscaux, déplore Bruno Lion, président de TPLM. C’est injuste et incohérent : d’un côté, le Centre National de la Chanson des Variétés et du Jazz (CNV) dont la mission est de soutenir les spectacles musicaux et de variétés, inclut dans son champ, tant les musiques actuelles, que les spectacles d’humour et les comédies musicales. De l’autre, alors que les préconisations actuelles du Gouvernement et de la Mission parlementaire sur le projet d’un Centre National de la Musique (CNM) identifient le CNV comme l’établissement pouvant servir de socle à la création du futur CNM… auquel la gestion des crédits d’impôts phonographique et du spectacle seraient confiée. Or, le Gouvernement entend maintenant exclure les « variétés » (c’est-à-dire l’humour et les comédies musicales) du champ du crédit d’impôt spectacle… La logique et la cohérence pour les professionnels et la création, serait, à l’inverse, de considérer que ce crédit d’impôt spectacle, comme les autres crédits d’impôts culturels, contribue à notre économie, au renouvellement des talents et à notre vivre ensemble : il est donc indispensable de le protéger. »

Créé en 2016, le crédit d’impôt spectacle vivant musical et de variété a concerné 875 projets en 2017, représentant plus de 14 700 représentations sur l’ensemble du territoire national. Parmi eux, 153 spectacles n’auraient pas eu lieu en l’absence du dispositif, soit presque 2 400 dates qui auraient été générées ex-nihilo. Il a essentiellement bénéficié à des projets artistiques produits par des TPE/PME (86 % des bénéficiaires réalisent moins de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires) et a permis la création de 2 ETP en moyenne par entreprise bénéficiaire. Les spectacles de variétés attirent un public jeune, avec des tournées essentiellement produites en régions, contribuant ainsi à la dynamique sociale et culturelle des territoires en France.

TPLM entend accompagner les entrepreneurs de spectacles dans leur combat pour la défense de leur dispositif fiscal tel que créé initialement. « Face à d’autres secteurs culturels, notre filière est déjà bien moins dotée en matière de soutien…En étant les seuls à subir un coup de rabot parmi les 6 crédits culturels, c’est l’ensemble de la chaîne de création autour de l’artiste qui est affectée. »

Le crédit d’impôt spectacle vivant musical ou de variétés, et le crédit d’impôt dédié à la production phonographique ne pèsent que 8 % de l’ensemble des crédits d’impôts culturels.