Rapport Maistre : vers une maison commune de la musique

Roch-Olivier Maistre, conseiller–maître à la cour des comptes, a remis à Françoise Nyssen, ministre de la Culture, le rapport relatif à la mission de réflexion sur le projet de « maison commune de la musique ». Suite à la publication du rapport, le ministère engagera des consultations avec les organisations du secteur avant d’annoncer, au plus tard début janvier, les décisions du Gouvernement.

Synthèse du rapport par le ministère de la Culture :

MC logotype couleur copieDepuis quelques années, et notamment depuis l’abandon du projet de Centre national de la musique (CNM), le secteur musical a eu le sentiment d’accumuler les occasions manquées dans sa relation avec les pouvoirs publics. Même si de réelles avancées ont été observées, la politique publique de la musique paraît, à plusieurs égards, marquer le pas.

Le contexte s’est profondément renouvelé depuis 2011-2012. Malgré l’éclatement des acteurs, une forme de convergence s’esquisse au sein du champ musical. Après la forte décroissance du marché de la musique enregistrée, un nouveau modèle économique reposant sur le streaming s’affirme. Le dynamisme du spectacle vivant musical s’accompagne de l’arrivée de nouveaux acteurs poursuivant une stratégie intégrée, « à 360° ». L’internationalisation de la vie musicale s’accentue. Dans ce contexte, trois principaux besoins se font jour : l’observation, l’appui au développement international et le soutien, dans une optique de diversité culturelle.

Le projet d’un centre national chargé de missions d’intérêt général, au bénéfice de l’ensemble de la vie musicale, et au premier chef des artistes qui en sont l’âme, permettrait de répondre à ces enjeux. Surtout, il pourrait participer, à l’heure de la révolution numérique, d’une nouvelle ambition pour la politique musicale, après les deux phases fondatrices qu’ont constitué les années 1960 et les années 1980. Pour cette raison, la constitution d’un nouvel établissement public, succédant au Centre national de la chanson, des variétés et du jazz (CNV), est indissociable d’une réaffirmation du rôle et des missions de l’État, seul à même de porter une vision stratégique intégrant l’ensemble des composantes de la politique musicale et portant l’intérêt général. Il ne saurait s’agir, par conséquent, de constituer une grande « agence de la musique » ou un hypothétique « CNC de la musique » : cette option irait à l’encontre de l’histoire, de l’organisation et des singularités économiques de la politique publique de la musique.

Une approche graduelle pourrait, dans cette perspective, être privilégiée. La constitution d’un centre national ne devrait pas seulement être perçue comme un aboutissement, mais aussi comme le cadre propice pour apporter à la filière musicale les réponses aux enjeux auxquels elle sera confrontée à l’avenir.

Les propositions présentées ici, qui pourraient conduire à la création du nouvel opérateur dès 2019, sont évoquées de longue date. Pour autant, les difficultés soulevées par leur mise en oeuvre ne doivent pas être sous-estimées. Les échecs successifs des projets de centre national dédié à la musique ont mis en doute la volonté, sinon la capacité de l’État, à créer un jour un tel établissement. Ajoutées aux préoccupations souvent divergentes de nombre d’acteurs, elles impliquent que la concrétisation d’un tel projet soit l’objet d’un réel engagement de l’État.
Lire le rapport


Les communiqués et réactions des membres de TPLM :

SACEM : Des recommandations encourageantes pour une meilleure reconnaissance de la musique

La Sacem accueille avec satisfaction et intérêt les recommandations du rapport Rassembler la musique pour un centre national.

La Sacem se réjouit de voir l’éducation artistique et culturelle figurer parmi les quatre grands axes de soutien, cités au sein de ce rapport. Elle tient également à saluer l’engagement pris en faveur de l’aide à l’export de la musique.

La Sacem veillera à ce que ce Centre national ne soit pas seulement guidé par une approche économique, mais qu’il soit aussi conçu comme un instrument stratégique de défense de la diversité culturelle et doté de réels moyens.

La Sacem demeurera particulièrement attentive à la place qui sera accordée à la chanson française et à la promotion de la création francophone. Il est essentiel qu’elle soit au cœur des préoccupations d’une maison commune de la musique.
Lire le communiqué


LA GAM : Un Centre National de la Musique : les Artistes l’ont toujours voulu, ils sont enfin entendus

Depuis sa naissance en 2013, la GAM a toujours été convaincue qu’il fallait doter le secteur musical d’un centre national et l’avait porté comme l’une de ses principales revendications lors de la récente campagne présidentielle.

Ce Centre devrait bénéficier aux interprètes, auteurs et compositeurs en permettant une meilleure coopération et solidarité entre les métiers de la musique, notamment s’il est doté de financements à la hauteur des préconisations justes et ambitieuses de Monsieur Maistre.
Lire le communiqué


ADAMI : Centre National de la Musique : enfin une politique globale de la musique ?

Ce rapport pourrait être un pas décisif dans la construction d’un établissement commun à toute la filière musicale et attendu de longue date par tous.

Par conséquent, alors que la question de son financement est particulièrement complexe et porte en elle le germe d’un énième échec, nous formulons le souhait que le ministère mette rapidement en œuvre les conditions de réalisation du CNM.

L’urgence est celle de la première pierre par l’agrégation de missions et fonds existants auxquels devra s’ajouter la tant attendue mise en œuvre d’un observatoire de filière réunissant toutes ses composantes.

Par ailleurs l’Adami se félicite que Roch-Olivier Maistre souligne que la question de la rémunération des artistes sur le streaming n’est toujours pas réglée.
Lire le communiqué


bandeau2FNSAC-CGT : Maison commune : le débat doit se poursuivre et traiter de tous les enjeux

Fort justement, le rapport rappelle qu’un éventuel futur Centre National de la Musique n’a pas vocation à se substituer à ce qui relève du service public de la musique, financé par l’Etat et les collectivités territoriales.

Nous regrettons que la la question de la concentration financière de certains acteurs économiques soit citée à juste titre sans qu’on retrouve la moindre suggestion dans la partie sur les préconisations, alors même qu’il s’agit de préserver la diversité des modèles économiques, garante de la diversité artistique.

Les missions de la future institution ne prévoient pas l’intervention sur l’emploi, alors que la pérennisation des dispositifs institués par les différentes mesures du FONPEPS sont une nécessité pour les secteurs et les esthétiques les plus fragiles.

Les nouvelles formes d’exploitation de spectacles que sont la captation et la retransmission ne sont pas traitée, laissant de côté la question des rémunérations des différentes catégories d’ayant-droit alors que le règlement de ces questions est lourd d’enjeux pour l’avenir.
Lire le communiqué


PRODISS : « Rassembler la musique pour un centre national », le PRODISS prêt à la concertation et à l’action

Le PRODISS salue l’ambition de créer un établissement commun pour la filière musicale, véritable priorité pour l’ensemble des acteurs de la filière.

Fédérer l’ensemble des parties prenantes autour de ce projet commun repose sur la mobilisation de ressources nouvelles, un prérequis dont Roch-Olivier Maistre a tenu compte dans son analyse et ses recommandations.

Nous saluons la grande qualité des recommandations de Roch-Olivier Maistre et nous souhaitons nous inscrire pleinement dans les concertations à venir qui permettront d’établir la préfiguration de cet établissement.
Lire le communiqué


SNEP : Un Centre National de la Musique pour répondre concrètement aux ambitions de toute une filière

Le projet d’un Centre National de la Musique constitue une base de travail solide, afin de donner un nouvel élan à l’engagement des pouvoirs publics en faveur d’une filière musicale dont les attentes ont trop souvent été ignorées ou mises de côté.

La transition numérique suscite des interrogations légitimes quant à la pérennité du tissu productif et à la diversité de notre production musicale. C’est pourquoi la création d’un établissement public rénové, qui puisse accompagner le dynamisme de notre production locale, tant sur notre territoire que dans une stratégie internationale, peut constituer une réponse adaptée aux enjeux actuels.

Ce Centre National de la Musique ne pourra toutefois se déployer sans une volonté politique forte et un financement stable et pérenne. C’est là la première condition pour la réussite de ce projet politique ambitieux.
Lire le communiqué


UPFI : Oui à un Centre National de la Musique

C’est avec beaucoup de satisfaction que l’UPFI a pris connaissance des préconisations formulées par Roch-Olivier Maistre, dans le rapport qu’il a remis à la Ministre de la Culture.

La proposition de création d’un nouvel établissement public succédant au CNV, au service de l’ensemble de la filière musicale, constitue un signal fort pour montrer l’importance de ce secteur tant sur le plan créatif qu’économique.

Pour autant, l’échec du projet de création d’un CNM en 2012, qui constituait un projet phare pour l’UPFI, doit nous inciter à la prudence. Sans un financement complémentaire ambitieux, qui suppose un arbitrage favorable du Gouvernement, ce projet n’a pas de sens.
Lire le communiqué


CSDEM : Rapport de Roch-Olivier Maistre : la CSDEM, qui soutient les propositions formulées, souhaite pleinement participer à leur mise en oeuvre

Son analyse et ses recommandations sont claires : renforcer la filière musicale est une nécessité autant qu’un atout pour la France. De tels signaux positifs témoignent d’une volonté de l’Etat de renforcer son action dans ce domaine culturel, souvent perçu comme moins structuré que d’autres.

Dans un contexte d’évolution permanente de la consommation et de la diffusion de la musique, nécessitant une adaptation constante à la défense des droits d’auteurs, le centre national permettra assurément d’améliorer l’identification des enjeux, des nouvelles problématiques et les moyens d’y répondre.

La CSDEM souhaite rappeler que les éditeurs, les auteurs et les compositeurs qu’ils accompagnent, sont confrontés à des difficultés croissantes, et sollicite un rendez-vous auprès du Ministère. Ce sera l’occasion de montrer que la CSDEM souhaite activement participer à la mission de préfiguration. Cela lui permettra également de réitérer au Ministère (DGMIC) sa demande plusieurs fois exprimée d’étude relative à la mise en place d’un crédit d’impôt pour l’édition musicale.
Lire le communiqué


eifeil

Eifeil : 3 raisons pour lesquelles la musique a besoin d’une Maison Commune

L’audition d’une centaine de structures musicales, artistes et créateurs de la filière qui ont été non pas entendus mais écoutés, a fait émerger un projet dédié à une véritable politique culturelle ambitieuse et non plus à une simple politique économique de notre secteur.

De ce rapport se dégage une volonté inédite d’un soutien à la musique par des solutions à la fois innovantes et réalistes.

Il met aussi en avant les grands axes essentiels pour faire se développer notre écosystème au sein de la Maison Commune.
Lire le communiqué


IRMA : L’Irma salue le rapport Roch-Olivier Maistre

L’Irma rejoint l’ambition portée de « Rassembler la musique pour un Centre national » en pointant l’importance des moyens nécessaires pour y parvenir.

L’Irma se félicite que le diagnostic posé place les missions d’information et de formation dans les fondements d’un tel projet d’établissement, opérateur d’intérêt général. Nous y voyons une reconnaissance de notre engagement indéfectible sur ces enjeux depuis plus d’une trentaine d’années.

L’Irma envisage donc favorablement son implication dans les suites qui pourraient être données à ces préconisations en indiquant sa volonté de soutenir cette prise en considération de la fonction de « Ressource », de la diversité de ses bénéficiaires, de son implication sur les territoires en appui des collectivités territoriales, et de son soutien à l’innovation et à la prospective.
Lire le communiqué