L’Appel du Palais Royal

Moment de cohésion et d'unité pour l'appel du Palais Royal. Près de 500 créateurs, sociétés d'auteurs et droits voisins, syndicats et citoyens étaient réunis pour faire entendre leurs voix et préserver la culture en Europe.

Moment de cohésion et d’unité pour l’appel du Palais Royal. Près de 500 créateurs, sociétés d’auteurs et droits voisins, syndicats et citoyens étaient réunis pour faire entendre leurs voix et préserver la culture en Europe.

Suite à l’invitation lancée dans le cadre de la campagne Europe For Creators pour un rassemblement, le 6 septembre, dans les jardins du Palais Royal, les organisations présentes ont formalisé un appel pour défendre le droit d’auteur qui sera soumise au vote des parlementaires européen le 12 septembre.

L’APPEL DU PALAIS ROYAL

Nous sommes un peuple d’histoires.

De l’enfance aux soirs de nos existences, nous nous nourrissons des récits que l’imagination humaine nous offre.

Qu’est-ce qu’un être humain sans histoire ?

En lisant, en regardant nos écrans de téléphones et nos télévisions, en nous rendant dans un musée, dans des librairies, dans des cinémas, en restant au lit, nos vies sont nourries par ces récits.

Mais aujourd’hui nos sons, nos mots, nos images, sont menacés.

Ils ne le sont pas par la censure d’un Etat comme nous avons pu le connaître dans notre histoire européenne.

Ils le sont par les nouveaux ogres qui nous livrent ces histoires.

A l’heure où nous droits d’auteur s’amenuisent, les grandes plateformes Internet comme YouTube et Facebook se nourrissent des émotions et des créations que nous leur livrons.

Qu’en font-ils ?

De la pâte à publicité.

Nous respectent-t-ils en tant que créateurs ?

Non.

Nous rémunèrent-ils en tant qu’artisans des émotions humaines

Une misère.

Gagnent-ils de l’argent avec cette nourriture que nous leur donnons quotidiennement et qui fait leur valeur ?

Des milliards.

Youtube rémunère 10 fois moins les musiciens que Deezer ou Spotify qui ne sont déjà pas de grands généreux.

Ces chiffres sont secrets.

Protégés par des accords de confidentialité.

Faudrait-il que la culture soit négociée par des avocats, qui laissent derrière leurs contrats signés des silences menaçants ?

L’obscurité est l’atout des ogres.

Ils n’aiment pas la lumière.

Ils n’aiment pas être dérangés.

Est-ce le monde dans lequel nous souhaitons vivre ?

Dans un monde d’ogres ?

D’ogres incontestables ? Qui ne payent pas leurs impôts ? Qui ne payent pas leurs créateurs de contenus ? Qui aspirent les informations de nos vies privées pour vendre mieux, pour vendre plus ?

Souhaitons nous être réduits à des produits publicitaires ou sommes-nous encore des citoyens libres et lucides ?

Ne restons pas isolés derrière nos écrans.

Individuellement, nous, les créateurs, nous ne sommes rien.

Mais avec vous, vous qui nous lisez, avec vous qui nous regardez, avec vous qui nous écoutez, nous sommes plus forts. Comme le disait Victor Hugo, nous sommes une « force qui va ».

Exigeons des contre-pouvoir face aux grandes plateformes Internet qui influencent tant nos vies quotidiennes.

Ne laissons pas le destin de nos récits dans les mains de plateformes qui n’aiment pas les histoires. Ils vendent nos goûts. Leur génie technologique ne doit pas être une excuse à leur impunité.

Fabriquons des digues pour repousser les ogres vers la mer.

Nous les créateurs, mais aussi nous citoyens, français, citoyens européens, demandons solennellement, que la directive sur les droits d’auteurs soit adoptée.

Les ogres ne pourront plus entrer dans nos maisons sans sonner à nos portes.

Ils ne pourront plus prendre une partie de nos vies, la plus belle, sans demander notre permission, et sans verser pour cela une rémunération juste.

Parlementaires européens, montrez aux ogres que la force des démocraties et des citoyens est inaliénable. Nous doutons souvent de l’utilité de l’Union Européenne. Montrez-nous à quoi sert cette Europe, montrez-nous pourquoi les citoyens vous ont élus.

Vous êtes nos représentants, ne soyez pas les servants des machines qui veulent faire taire le débat et surtout ne pas rendre de compte.

Aujourd’hui 67% des Européens pensent que les ogres, les GAFAs, ont plus de pouvoir que vous.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Réveillez-vous !

Défendons nos histoires, nos émotions, nos couleurs.

Votez le 12 septembre le texte sur les droits d’auteur.

C’est l’appel du Palais Royal.