Bilan 2018 du marché de la musique enregistrée

Pour la 3ème année consécutive, le marché de la musique enregistrée français a progressé en 2018. Si cette croissance de 1,8% reste modeste, elle confirme la tendance positive qui s’est dessinée depuis 2016, en France et dans le monde entier.

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Ces résultats sont encourageants et traduisent l’adaptation de l’industrie aux nouveaux modes de consommation de la musique. Pour autant, ces résultats sont encore loin de ceux du début des années 2000, le chiffre d’affaires actuel équivalant à 40% du marché d’il y a 15 ans.

Toujours plus de stream

Le fait marquant de l’année 2018 est que, pour la première fois en France, le chiffre d’affaires généré par le numérique a dépassé celui des ventes physiques et réalise désormais 57% des ventes globales.

Le streaming constitue le moteur de cette croissance retrouvée, notamment grâce aux revenus issus des abonnements qui progressent de 23% et deviennent ainsi la 1ère source de chiffre d’affaires de la musique enregistrée. L’abonnement payant au streaming audio a généré à lui seul 41% des ventes de musique contre 8% il y a 5 ans. L’écoute gratuite sur les services audio et les plateformes de vidéo représentent pour leur part moins de 10% des ventes.

Le ressort de ce dynamisme est la popularité croissante des nouveaux usages et la manière dont l’industrie de la musique s’adapte aux attentes des consommateurs. Ainsi, aujourd’hui, près d’un consommateur de musique sur deux (46%) utilise un service de streaming audio. Parmi eux, 5,5 millions sont titulaires d’un abonnement audio payant.

La pratique du streaming ne cesse de se développer et contrairement aux idées reçues, c’est loin d’être un usage réservé aux ados, même s’ils en sont les utilisateurs les plus intensifs : aujourd’hui 30% des streamers ont plus de 50 ans ! L’essor constant de ce mode de consommation se traduit d’ailleurs dans les chiffres : on été recensé 57,5 milliards de streams audio en 2018, soit + 35% par rapport à l’an dernier, avec des écoutes hebdomadaires qui ont culminé à 1,3 milliard fin décembre.

Le physique existe encore

Si la part du CD continue de perdre du terrain, il résiste mieux en France que dans la plupart des autres pays, grâce à un réseau de distribution unique de plus de 4.000 points de ventes à travers le territoire. Il représente ainsi plus d’un tiers des revenus physiques et numériques.

Le support physique a aussi trouvé un nouveau relais de croissance avec l’engouement pour le vinyle : avec près de 4 millions d’exemplaires écoulés, les ventes de vinyles ont quintuplé en cinq ans ! Le vinyle représente désormais près d’un cinquième des revenus du marché physique.

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La production musicale française en mode conquête

À l’occasion de la publication de ces chiffres, Alexandre Lasch, DG du Snep, s’est déclaré « fier des succès spectaculaires des artistes made in France puisqu’ils ont réalisé 19 des 20 meilleures ventes d’albums de l’année 2018, et occupent 80% du Top 200 ».
Un autre indicateur témoigne de l’engagement des producteurs phonographiques dans la découverte et l’accompagnement d’artistes : sur les 200 meilleures ventes d’albums l’an dernier, 48 étaient des premiers albums dont 40 produits en France.
Le succès des artistes produits en France dépasse d’ailleurs l’hexagone puisque 37 d’entre eux ont atteint en 2018 les disques d’or, de platine, de diamant pour leurs ventes à l’export.

Consulter le bilan sur le site du SNEP