Bilan 2017 du marché de la musique enregistrée

snepLe marché de la musique enregistrée a progressé de + 3.9% en 2017, pour la deuxième année consécutive (+5.4% en 2016) et atteint 723 M€.

Si la reprise se dessine, elle est encore fragile. Avec 583M€, le chiffre d’affaires physique et numérique commence tout juste à recréer la valeur perdue et n’atteint que 40% du marché de 2002 (1.43Mds€). Les producteurs de musique estiment cette reprise encourageante, mais considèrent néanmoins ces indicateurs avec prudence, jugeant que la dynamique de la production n’est pas encore pérenne et que les nouveaux modèles
économiques ne sont pas encore matures.

Le streaming, moteur de cette croissance, poursuit sa progression : ses revenus ont augmenté de 23% en 2017 (+37% en 2016) et avec 243M€, représentent 42% des revenus du marché total. C’est l’abonnement qui génère l’essentiel de la valeur créée : il représente, à lui seul, 83% des revenus du streaming et 35% des revenus du marché. Si la progression du nombre d’abonnés se poursuit à un rythme un peu moins soutenu, + 500 000 en 1 an, soit 4.4M d’abonnés, elle est compensée par une part plus importante des abonnés payants, hors bundle avec un opérateur téléphonique.

Le bilan révèle également une spécificité française : un marché physique encore très important et un marché numérique, relais de croissance. En dix ans, le marché français de la musique enregistrée a profondément évolué. Alors qu’en 2007, le marché reposait presque exclusivement sur les ventes de supports physiques (92.8%), il présente aujourd’hui une quasi-parité entre les revenus issus du numérique (48,8%) et ceux du physique (51.2%). Le modèle de l’achat cohabite désormais avec le modèle de l’accès. L’enjeu est double : accompagner la vitalité du réseau de distribution physique français tout en poursuivant le développement du marché numérique.

Les revenus générés par les supports physiques baissent de 4.7% en 2017, mais ce fléchissement est moins fort depuis 2 ans. Les 3800 points de ventes qui commercialisent de la musique à travers tout le territoire demeurent une chance pour le consommateur et une force pour la filière musicale. Le vinyle séduit toujours plus de consommateurs, avec des volumes multipliés par 4 en 5 ans, mais ne représente que 12,2% du chiffre d’affaires physique.


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