Bac Musique 2018 : le livret du candidat

Dans le cadre de sa nouvelle formule, L’éducation musicale publie le livret du candidat au baccalauréat musique 2018. Rencontre avec son auteur, Philippe Morant, qui nous explique comment cet outil a été construit pour les élèves en option spécialisée et facultative comme pour les candidats libres.

C1_LivretCandidat_18_tplm

PMPhilippe Morant est pianiste et musicologue, professeur agrégé d’éducation musicale dans un lycée à enseignement de spécialité. Ancien secrétaire général d’un centre de recherche universitaire en lien avec le CNRS, il est l’auteur de nombreux articles, critiques et ouvrages pédagogiques.

Depuis quatre ans, vous réalisez le livret du candidat. Comment est née cette collaboration et quelle est l’approche de ce guide ?

Il y a quatre ans, la revue L’éducation musicale m’avait sondé sur l’ancienne formule qui s’adressait plus aux professeurs de musique qu’aux élèves selon moi. L’éditeur de la revue m’a alors proposé de concevoir le guide à ma façon et c’est ainsi que je m’occupe depuis quatre éditions de ce livret du candidat au Bac, avec un programme qui est renouvelé par moitié chaque année. L’objectif est de faire connaître aux candidats les œuvres imposées au programme de l’épreuve, mais également de parfaire leurs connaissances techniques dans le domaine musical.

Les tableaux, les couleurs, les flash-codes sont de plus en plus présents sur la nouvelle formule car cela rend le contenu plus accessible. Après avoir corrigé le Bac pendant des années, je préconise l’usage des tableaux, beaucoup plus clairs et concis que tous les textes explicatifs, car cette méthode est indispensable pour former les élèves. Avec les flash-codes, ils peuvent automatiquement écouter les œuvres étudiées sur leur téléphone portable, et il y a toujours un encart explicatif des notions ou des termes complexes. L’idée est d’aborder cela de manière ludique.

Que pensez-vous de l’évolution du baccalauréat musique et comment ce livret s’y adapte-t-il ?

Comme d’autres, j’ai l’impression qu’on délivre le Bac de plus en plus facilement et qu’on demande de moins en moins de connaissances aux candidats. L’option facultative de la musique est assez légère – il s’agit d’une comparaison entre deux œuvres – de manière à ce qu’un nombre important de candidats puisse gagner des points. Pour l’option d’enseignement de spécialité, l’évolution fait qu’on s’achemine vers une philosophie de la musique avec des questions que je trouve assez vagues. Ce que je déplore est que l’on demande de moins en moins de connaissances techniques aux élèves sous prétexte d’ouvrir le cursus au plus grand nombre. Mais, en parallèle, on propose aux candidats d’analyser des œuvres extrêmement difficiles alors qu’on ne leur a pas donné les clés de compréhension… Ou bien on se contente du minimum et on ne met plus ces œuvres au programme – et je ne suis pas pour – ou bien on approfondit et on rentre dans les détails.

Le livret va donc au-delà de ce qui est demandé aux candidats ?

Tout à fait. Dans la mesure où, après le Bac, mes élèves en enseignement de spécialité se dirigent vers la musicologie en université ou deviennent de brillants interprètes, je vise un peu plus loin et mes élèves m’en sauront gré.

Au-delà du Bac musique, que pensez-vous de l’enseignement musical à l’école ?

L’école est le terreau idéal pour faire débuter les plus jeunes dans la musique, donc j’approuve tout ce qui va dans ce sens. En revanche, je trouve qu’on a tendance à gommer l’enseignement musical de base alors qu’on peut très bien enseigner le solfège à l’école comme au conservatoire sans que cela soit rébarbatif.

Mais il y a des réticences à ce niveau. Par exemple, j’enseigne depuis des années le solfège de façon ludique en utilisant un jeu de société. Je sais l’intérêt que revêt ce jeu dans l’apprentissage des enfants, pourtant, ce jeu, je n’arrive pas à le faire éditer. D’une autre manière, l’initiative de ce livret, qui se veut justement pointu et ludique, est privée, pas directement réalisée en lien avec l’Éducation nationale. Pourtant ce livret pourrait être distribué à tous car il s’adresse aussi bien aux élèves qu’aux candidats libres.

Plus d’informations sur le livret